Le cinéma français, lumière dans la culture française

l'enseigne des cinémas pathé devant le cinéma au centre de lyon

Si les Français choisissent les loisirs culturels comme leur quatrième passe-temps favori, ce n’est sans doute pas étranger à leur affection pour le septième art. Le cinéma français survit derrière l’ogre d’Hollywood, grâce à des spécificités propres à l’Hexagone.

Auguste et Louis Lumières, Léon Gaumont, Charles et Émile Pathé, ces noms vous sont sûrement familiers. Depuis plus d’un siècle, le cinéma français n’a cessé de se développer et s’est forgé une solide réputation dans le milieu. Mais en 2022, le cinéma a beaucoup changé. Les salles continuent de se remplir malgré l’émergence de Netflix, Amazon Prime Vidéo, Disney+ ou encore YouTube.

Le cinéma français, un mode de fonctionnement particulier

Projection film
Chaque entrée permet à certains films d’être produits grâce à un système de taxe que seule la France applique. (© Unsplash)

Si le cinéma français peut se permettre de produire une multitude de films chaque année, c’est en partie grâce à son financement. Depuis les années 40, l’État français est le seul au monde à prélever 11 % par ticket d’entrée dans ses cinémas. Peu importe où le film a été produit, aucune exception n’est faite. Ces revenus sont ensuite reversés aux auteurs, producteurs et réalisateurs de films tricolores. Le rayonnement du cinéma américain en France permet indirectement à la France de se développer également. C’est un comble d’imaginer que « Fast & Furious » puisse financer les films d’auteurs français ! 

Comme tout autre secteur économique, produire uniquement des films ne permet pas au cinéma français de fonctionner. Diffuser ses films à l’international est devenu un enjeu majeur. Le marché français ne suffit plus, la mondialisation permet au septième art de s’exporter au-delà des frontières de l’Hexagone. Pour cela, Unifrance a été créé en 1949. Sa mission est claire : se charger de la promotion et de l’exportation du cinéma français. Le C.N.C (Centre National du Cinéma et de l’image animée) est en contact proche avec l’organisme. Les marchés étrangers représentent une opportunité importante pour les films français.

The Artist, un film qui a contribué à l’essor du cinéma français

Pellicule
Paru en 2011, The Artist a laissé une trace indélébile dans l’Histoire du cinéma français, récoltant de nombreux trophées dans différents festivals. (© Unsplash)

Pour remonter à l’un des derniers succès planétaires du cinéma français, il est difficile de ne pas évoquer « The Artist » avec Jean Dujardin en premier rôle. Le film de Michel Hazanavicius est primé au festival de Cannes et les critiques positives sont unanimes. La référence aux années 20 durant la transition des films muets et parlants a séduit aussi bien en Europe qu’outre-Atlantique. Tourné à Hollywood, le métrage a cependant perdu de ses racines lorsque le film est diffusé aux États-Unis, notamment à cause de Weinstein Company qui avait acquis les droits de diffusion.

Le CNC, régulateur du cinéma bleu-blanc-rouge

Pathé Lyon Bellecour
Le cinéma Pathé-Bellecour est composé de 10 salles et propose une large offre avec notamment des films en 4D. (© E. Guala)

Créé par la loi du 25 octobre 1946, le Centre National du Cinéma détient un rôle central dans l’organisation du cinéma français. Selon cnc.fr, « le C.N.C, sous l’autorité du ministre chargé de la Culture, est l’unité de conception et de mise en œuvre de la politique de l’État dans les domaines du cinéma et des autres arts et industries de l’image animée, notamment ceux de l’audiovisuel, de la vidéo et du multimédia, dont le jeu vidéo »

Soutenir, réglementer, promouvoir, coopérer et négocier font partie de son champ d’action. Cette institution est la seule au monde à pratiquer l’avance sur recettes. Cette aide financière est destinée à la production de longs-métrages français.

André Malraux a soumis cette idée en 1959 lorsqu’il était ministre des Affaires culturelles. Depuis, cette action est toujours utilisée. L’enveloppe consacrée tourne autour de 30 millions d’euros chaque année, et permet à 60 films de voir le jour chaque année.

Richard Patry, président de la fédération nationale des cinémas français, indique que deux tiers des Français vont au moins une fois par an au cinéma. Une proportion qui passe à 90% chez les jeunes (15-24 ans), une lueur d’espoir pour l’avenir.

Des enjeux importants pour le cinéma français

À l’inverse de produits de consommation où la définition de Made in France est floue, le C.N.C. définit un film français comme un film produit et financé intégralement ou majoritairement par des partenaires français. Autrement dit, seul le financement doit être purement français. Si le film est tourné en anglais, il peut quand même être décrit comme « MIF ». Place forte du cinéma mondial avec le Festival de Cannes, les films français ont tout de même du mal à s’imposer à l’international. Avec 116 millions de recettes en 2019, ce chiffre est en baisse par rapport aux années précédentes.

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En 2019, les recettes liées aux films français à l’étranger sont en baisse de 33 % par rapport à 2010. (@cnc.fr)

L’Europe de l’Ouest est le principal importateur de films français alors que des marchés plus importants comme l’Asie ne se laisse pas séduire par le septième art Made in France. En Chine, seulement 1 million d’entrées ont été enregistrées en 2019. Cela ne concerne que 0,1% des parts de marché du cinéma français.

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L’Italie est le pays où les films français s’exportent le mieux avec plus de quatre millions d’entrées. (@cnc.fr)

Des chiffres encourageants pour les salles françaises

Cinéma Lyon
Au cinéma Pathé-Bellecour à Lyon, les salles ont réouvert leurs portes après avoir souffert de la pandémie. (© E. Guala)

En 2019, dernière année pré-Covid, le C.N.C a enregistré 213 millions d’entrées dans les cinémas français, un chiffre record. Les productions américaines ont une nouvelle fois attiré bon nombre de visiteurs. Cette année-là, seul « Qu’est-ce qu’on a encore fait au bon Dieu ? » est parvenu à s’immiscer dans les cinq premières places avec 6,7 millions d’entrées. Pour nuancer ce chiffre, 16 films français ont toutefois réalisé plus d’un million d’entrées. 

Afin d’attirer des spectateurs, l’État met également à disposition des journées autour du cinéma où l’achat d’un seul ticket permet d’avoir accès à plusieurs films. Cette promotion est devenue une coutume pour certaines villes. Quand on sait que les jeunes favorisent par exemple Netflix, ce coup marketing n’est pas sans retombée. En 2019, 83,8 % des moins de 25 ans se sont rendus au cinéma. En tout, cela concerne 14,2 millions de spectateurs de cette tranche d’âge. Réussir à séduire la nouvelle génération sera donc un enjeu majeur pour le cinéma français dans les années à venir.

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